Cest le fait de critiquer en se moquant. La satire dénonce les travers, les défauts (d’un fait de société, de l’homme) pour faire changer les choses ou au moins faire réagir et
Texte de MalebrancheTable des Matières1 Texte de Malebranche2 Texte de Rousseau3 Texte de Tocqueville4 Texte de Marx 5 Texte de Locke6 Texte de Montesquieu7 Texte de John Rawls8 Texte de Jean-Pierre Dupuy9 Texte de François Cusset 10 Texte de Karl Marx11 Texte de Pierre Bourdieu12 Texte de Rousseau13 Texte de Simone de Beauvoir14 Texte de Bourdieu 15 Texte Pfefferkom 16 Texte de Claire Peugny La nature humaine est égale en tous les hommes A l ’opposé de Platon et des anciens philosophes en général, lesquels tenaient la société pour naturellement hiérarchisée, le philosophe français catholique Malebranche 1638-1715 affirme ici, avant Rousseau et les philosophes du Contrat social, l’égalité naturelle de tous les hommes. Ce sont les institutions politiques et le péché pour Malebranche qui ont amené les hommes à se différencier La nature humaine étant égale dans tous les hommes, et faite pour la raison, il n'y a que le mérite qui devrait nous distinguer, et la raison nous conduire. Mais le péché ayant laissé la concupiscence dans ceux qui l'ont commis et dans leurs descendants, les hommes, quoi que naturellement tous égaux, ont cessé de former entre eux une société d'égalité sous une même loi, la raison. La force, la loi des brutes, celle qui a déféré au lion l'empire des animaux, est devenue la maîtresse parmi les hommes; et l'ambition des uns et la nécessité des autres a obligé tous les peuples à abandonner pour ainsi dire à Dieu, leur roi naturel et légitime et la raison universelle, leur loi inviolable, pour choisir des protecteurs visibles, qui pussent par la force les défendre contre une force ennemie. C'est donc le péché qui a introduit dans le monde la différence des qualités et des conditions; car le péché ou la concupiscence supposée, c'est une nécessité qu'il y ait ces différences. La raison même le veut ainsi, parce que la force est une loi qui doit ranger ceux qui ne suivent plus la raison. Enfin Dieu même a approuvé ces différences, comme il était évident par les Saintes Ecritures.» Nicolas Malebranche, Traité de morale 1684 p 473, Google books. Texte de Rousseau Deux sortes d’inégalités Dans un texte indépassable, le philosophe Jean-Jacques Rousseau explique que les inégalités des hommes en société sont le fait de l’histoire et des institutions et non pas de la nature C'est de l'homme que j'ai à parler, et la question que j'examine m'apprend que je vais parler à des hommes, car on n'en propose point de semblables quand on craint d’honorer la vérité. Je défendrai donc avec confiance la cause de l'humanité devant les sages qui m'y invitent, et je ne serai pas mécontent de moi-même si je me rends digne de mon sujet et de mes juges. Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalités ; l'une que j'appelle naturelle ou physique parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit, ou de l’âme; l'autre qu'on peut appeler inégalité morale ou politique parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu’elle est établie, ou du moins autorisée par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d'être plus riches, plus honorés, plus puissants qu’eux, ou même de s’en en faire obéir. On ne peut pas demander quelle est la source de l'inégalité naturelle, parce que la réponse se trouverait énoncée dans la simple définition du mot on peut encore moi chercher s’il n’y aurait point quelque liaison essentielle entre les deux inégalités; car ce serait demander, en d'autres termes, si ceux qui commandent valent nécessairement mieux que ceux qui obéissent et si la force du corps ou de l'esprit, la sagesse ou la vertu, se trouvent toujours dans les mêmes individus en proportion de la puissance ou de la richesse. Question bonne peut-être à agiter entre des esclaves entendus de leurs maîtres, mais qui ne convient pas à des hommes raisonnables et libres qui cherchent la vérité.» JeanJacques Rousseau, Discours sur l'inégalité et les fondements de l’inégalité parmi les hommes,1755, première partie, Coll. Classiques et Cie », Ed. Hatier, 2007, pp. 28-29. L’inégalité d’institution Une certaine forme d’inégalité existe sans doute à l’état de nature, mais elle est minime, car son incidence reste faible. Les inégalités qui nous aliènent sont sociales, et largement aléatoires En effet, il est aisé de voir qu'entre les différences qui distinguent les hommes, plusieurs passent pour naturelles qui sont uniquement l'ouvrage de l'habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la société. Ainsi, un tempérament robuste ou délicat, la force ou la faiblesse qui en dépendent, viennent souvent plus de la manière dure ou efféminée dont on a été élevé, que de la constitution primitive des corps. Il en est de même des forces de l'esprit, et non seulement l'éducation met de la différence entre les esprits cultivés et ceux qui ne le sont pas, mais elle augmente celle qui se trouve entre les premiers à proportion de la culture ; car qu'un géant et un nain marchent sur la même route, chaque pas qu'ils feront l'un et l'autre donnera un nouvel avantage au géant. Or, si l'on compare la diversité prodigieuse d'éducations et de genres de vie qui règne dans les différents ordres de l'état civil avec la simplicité et l'uniformité de la vie animale et sauvage, où tous se nourrissent des mêmes aliments, vivent de la même manière, et font exactement les mêmes choses, on comprendra combien la différence d'homme à homme doit être moindre dans l'état de nature que dans celui de société, et combien l'inégalité naturelle doit augmenter dans l'espèce humaine par l'inégalité d'institution. » Rousseau, Discours sur l'inégalité 1755, Première partie, Coll. Classiques et Cie », Ed. Hatier, 2007, pp 62-63. Texte de Tocqueville La démocratie brise la chaîne Tocqueville établit ici la genèse et examine les conséquences de l’individualisme démocratique. L’égalitarisme a pour effet d’isoler les hommes et de les rendre relativement indifférents au sort de leurs compatriotes Chaque classe venant à se rapprocher des autres et à s'y mêler, ses membres deviennent indifférents et comme étrangers entre eux. L'aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaîne qui remontait du paysan au roi ; la démocratie brise la chaîne et met chaque anneau à part. A mesure que les conditions s'égalisent, il se rencontre un plus grand nombre d'individus qui, n'étant plus assez riches ni assez puissants pour exercer une grande influence sur le sort de leurs semblables, ont acquis cependant ou ont conservé assez de lumières et de biens pour pouvoir se suffire à eux-mêmes. Ceux-là ne doivent rien à personne, ils n'attendent pour ainsi dire rien de personne ; ils s'habituent à se considérer toujours isolément, ils se figurent volontiers que leur destinée toute entière est entre leurs mains. Ainsi, non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains ; elle le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cœur ». Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique 1835-1840, deuxième partie, tome II, deuxième partie, chap. Il, Coll. Folio Histoire, PP 144-145. La démocratie incite à la concurrence de tous C'est la démocratie qui nous rend semblables et égaux, et par conséquent envieux – donc amers “Quand toutes les prérogatives de naissance et de fortune sont détruites, que toutes les professions sont ouvertes à tous, et qu'on peut parvenir de soi-même au sommet de chacune d'elles, une carrière immense et aisée semble s'ouvrir devant l'ambition des hommes, et ils se figurent volontiers qu'ils sont appelés à de grandes destinées. Mais c'est là une vue erronée que l'expérience corrige tous les jours. Cette même égalité qui permet à chaque citoyen de concevoir de vastes espérances rend tous les citoyens individuellement faibles. Elle limite de tous côtés leurs forces, en même temps qu'elle permet à leurs désirs de s'étendre. Non seulement ils sont impuissants par eux-mêmes, mais ils trouvent à chaque pas d'immenses obstacles qu'ils n’ avaient point aperçus d'abord. Ils ont détruit les privilèges gênant de quelques-uns de leurs semblables ; ils rencontrent la concurrence de tous. La borne a changé de forme plutôt que de place. Lorsque les hommes sont à peu près semblables et suivent une même route, il est bien difficile qu'aucun d'entre eux marche vite et perce à travers la foule uniforme qui l'environne et le presse. Cette opposition constante qui règne entre les instincts que fait naître l'égalité et les moyens qu'elle fournit pour les satisfaire tourmente et fatigue les âmes. On peut concevoir des hommes arrivés à un certain degré de liberté qui les satisfasse entièrement. Ils jouissent alors de leur indépendance sans inquiétude et sans ardeur. Mais les hommes ne fonderont jamais une égalité qui leur suffise”. Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique 1835-1840, tome II, pp 192-193. Texte de Marx Le droit bourgeois est foncièrement inégalitaire Marx fait observer dans le texte suivant que l’attribution de droits égaux à des individus inégaux est un dispositif inégalitaire puisqu’il ne tient pas compte des différences de fait entre les individus, tant du point de vue de leurs besoins que du point de vue de leur productivité. Moyennant quoi, Marx appelle de ses voeux une société qui établirait des droits inégaux pour des individus inégaux. Le dernier paragraphe de ce texte laisse cependant perplexe par exemplela journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu'il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu'il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu'il a fourni tant de travail défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d'objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu'il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d'elle, en retour, sous une autre forme [1]. C'est manifestement ici le même principe que celui qui règle l'échange des marchandises pour autant qu'il est échange de valeurs égales. … Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s'y prennent plus aux cheveux, tandis qu'aujourd'hui l'échange d'équivalents n'existe pour les marchandises qu'en moyenne et non dans le cas individuel. En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d'une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu'il a fourni ; l'égalité consiste ici dans l'emploi comme unité de mesure commune. Mais un individu l'emporte physiquement ou moralement sur un autre, il fournit donc dans le même temps plus de travail ou peut travailler plus de temps ; et pour que le travail puisse servir de mesure, il faut déterminer sa durée ou son intensité, sinon il cesserait d'être unité. Ce droit égal est un droit inégal pour un travail inégal. Il ne reconnaît aucune distinction de classe, parce que tout homme n'est qu'un travailleur comme un autre ; mais il reconnaît tacitement l'inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité de rendement comme des privilèges naturels. C'est donc, dans sa teneur, un droit fondé sur l'inégalité, comme tout droit. Le droit par sa nature ne peut consister que dans l'emploi d'une même unité de mesure ; mais les individus inégaux et ce ne seraient pas des individus distincts, s'ils n'étaient pas inégaux ne sont mesurables d'après une unité commune qu'autant qu'on les considère d'un même point de vue, qu'on ne les saisit que sous un aspect déterminé, par exemple, dans le cas présent, qu'on ne les considère que comme travailleurs et rien de plus, et que l'on fait abstraction de tout le reste. D'autre part un ouvrier est marié, l'autre non ; l'un a plus d'enfants que l'autre, etc., etc. A égalité de travail et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal. Mais ces défauts sont inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être plus élevé que l'état économique de la société et que le degré de civilisation qui y correspond. Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » Friedrich Engels et Karl Marx, Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt, 1875, Bibliothèque numérique des sciences sociales. Texte de Locke Source de l’inégalité la propriété et le travail Le philosophe anglais John Locke 1632-1704, après avoir établi que tous les hommes à l'état de nature sont égaux ils sont nés sans distinction pour jouir des mêmes avantages de la nature et pour user des mêmes facultés » dérive ici l'inégalité de l'accession à la propriété privée. C'est le travail qui donne une légitimité à ce type d’ appropriation Bien que la terre et toutes les créatures inférieures appartiennent en commun à tous les hommes, chaque homme est cependant propriétaire de sa propre personne. Aucun autre que lui-même ne possède un droit sur elle. Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains, pouvons-nous dire, lui appartiennent en propre. Il mêle son travail à tout ce qu'il fait sortir de l'état dans lequel la nature l’a fourni et laissé, et il y joint quelque chose qui est sien; par là il en fait sa propriété. Cette chose étant extraite par lui de l'état commun où la nature l’avait mise, son travail lui ajoute quelque chose qui exclut le droit commun des autres hommes. Car ce travail étant indiscutablement la propriété de celui qui travaille, aucun autre homme que lui ne peut posséder de droit sur ce à quoi il est joint, du moins là où ce qui est laissé en commun pour les autres est en quantité suffisante et d'aussi bonne qualité. … Nous voyons, dans le cas des terres communes, qui restent telles par contrat, que c'est le fait de prendre une partie de ce qui est commun, et de le faire sortir de l'état où la nature l’a laissé, qui est à l'origine de la propriété; car sans cela, ce qui est commun n’est d'aucun usage ». John Locke, Le second traité du gouvernement 1690, Ed. des PUF, 1994, p 22. Texte de Montesquieu L’inégalité dérivée de la nature même de la démocratie Selon Montesquieu, l’égalité est l’âme de la démocratie. Pourtant les inégalités ne peuvent être totalement éradiquées. Ou, plus exactement, les moyens employés pour atteindre cet objectif rendraient une telle égalité réelle » détestable Phaléas de Calcédoine[2] avait imaginé une façon de rendre égales les fortunes, dans une république où elles ne l’étaient pas. Il voulait que les riches donnassent des dots aux pauvres, et n’en reçussent pas ; et que les pauvres reçussent de l'argent pour leurs filles et n’en donnassent pas. Mais je me sache qu’aucune république se soit accommodée d'un règlement pareil. Il met les citoyens sous des conditions dont les différences sont si frappantes, qu’ils haïraient cette égalité même que l'on chercherait à introduire. Il est bon quelquefois que les lois ne paraissent pas aller ici directement au but qu'elles se proposent. Quoi que, dans la démocratie, l'égalité réelle soit l’âme de l'État, cependant elle est si difficile àétablir, qu’une exactitude extrême à cet égard ne conviendrait pas toujours. Il suffit qu'on établisse un cens[3] qui réduise ou fixe les différences à un certain point ; après quoi, c'est par des lois particulières àégaliser, pour ainsi dire, les inégalités, par les charges qu'elles imposent aux riches, et le soulagement qu’elles accordent aux pauvres. Il n'y a que les richesses médiocres qui puissent donner ou souffrir ces sortes de compensation; car pour les fortunes immodérées, tout ce qu’on ne leur accorde pas de puissance et d'honneur, elles le regardent comme une injure. Toute inégalité, dans la démocratie, doit être tirée de la nature de la démocratie, et du principe même de l’égalité ». Montesquieu, De l’esprit des lois, 1648, I, Ed. G-F Flammarion, 1979, p 172. Texte de John Rawls Les inégalités tolérées au nom de l’efficacité Selon le philosophe américain 1921-222 une théorie moderne de la justice doit concilier les exigences de justice, qui tendent vers l’égalité, avec l’efficacité économique, qui entraîne des inégalités[4] En premier lieu chaque personne doit avoir un droit égal au système le plus étendu de libertés de base égales pour tous qui soit compatibleavec le même système pour les autres. En second lieu les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que, à la fois l’on puisse raisonnablement s’attendre à ce qu’elles soient à l’avantage de chacun et qu’elles soient attachées à des positions et à des fonctions ouvertes à tous. Ces principes s’appliquent, en premier lieu, comme je l’ai dit, à la structure sociale de base ; ils commandent l’attribution des droits et des devoirs et déterminent la répartition des avantages économiques et sociaux. Leur formulation présuppose que, dans la perspective d’une théorie de la justice, on divise la structure sociale en deux parties plus ou moins distinctes, le premier principe s’appliquant à l’une, le second à l’autre. Ainsi nous distinguons entre les aspects du système social qui définissent et garantissent l’égalité des libertés de base pour chacun et les aspects qui spécifient et établissent des inégalités sociales et économiques. Or, il est essentiel d’observer que l’on peut établir une liste de ces libertés de base. Parmi elles, les plus importantes sont les libertés politiques droit de vote et d’occuper un poste public, la liberté d’expression, de réunion, la liberté de pensée et de conscience ; la liberté de la personne qui comporte la protection à l’égard de l’arrestation et de l’emprisonnement arbitraires, tels qu’ils sont définis par le concept de l’autorité la loi. Ces libertés doivent être égales pour tous d’après le premier principe. Le second principe s’applique, dans la première application, à la répartition des revenus et de la richesse au aux grandes lignes des organisations qui utilisent des différences d’autorité et de responsabilité. Si la répartition des richesses et des revenus n’a pas besoin d’être égale, elle doit être à l’avantage de chacun et, en même temps, les positions d’autorité et de responsabilité doivent êtes accessibles à tous. On applique le second principe en gardant les positions ouvertes, puis, tout en respectant cette contrainte, on organise les inégalités économiques et sociales de manière à ce que chacun en bénéficie ». John Rawls, Théorie de la justice 1971, trad. par C. Audard, Édition du Seuil, 1993, p. 91. Texte de Jean-Pierre Dupuy Un jeu truqué en permanence la société méritocratique Jean-Pierre Dupuy né en 1941 est un ingénieur, épistémologue et philosophe français dont les multiples ouvrages portent pour la plupart sur la philosophie du libéralisme. Il est actuellement actuellement chargé de recherche à l’Université de Stanford en Californie, aux Etats-Unis. Dans le texte suivant, il dénonce le mythe méritocratique. Il explique pour quelles raisons une société purement méritocratique serait invivable. Il note également que le jeu concurrentiel, au delà d’un certain seuil, nous fait souffrir de façon intolérable Le modèle moderne ou méritocratique » constitue, semble-t-il, la réponse individualiste à la question de la justice distributive A chacun selon son mérite » est sa formule magique ou, encore, dans une version plus sportive Que le meilleur gagne!» Une condition doit être satisfaite que la concurrence soit équitable, que les rivaux aient les mêmes chances » au départ. Mais attention! Il ne faut pas prendre cette clause au pied de la lettre. Ce n'est pas le hasard qui doit décider de l'issue de la compétition, mais bien l'inégalité des valeurs individuelles. Pour que celle-ci se manifeste au grand jour, encore faut-il neutraliser tous les obstacles hérités de la société archaïque qui s'opposent au fair-play et à la transparence de la concurrence sociale influences, relations, pistons», clientélismes et corporatisme, sinécures et prébendes, bref, tous les ingrédients de l'opacité collective et de l’ héritage social». De la droite à la gauche modérées, le discours sur la justice sociale est consensuellement méritocratique. De sérieux obstacles s’opposent cependant à ce que la méritocratie aille beaucoup plus loin que le niveau du discours. Il y a tout d'abord l’ incertitude radicale qui s'attache à la définition du mérite. Les qualités individuelles que la méritocratie entend reconnaître et récompenser sont en fait de deux ordres, dont le sens et la valeur ne sauraient être confondus les dons et les talents, d'une part, c'est-à-dire ce que le sujet reçoit de la nature; l'effort, le travail, la peine, le courage, les risques encourus, etc., D'autre part ce qu'il fait de ce que la nature et la société ont fait de lui. Quel poids relatif la méritocratie accorde-t-elle aux unes et aux autres? Il semblerait qu'elle dût attacher plus d'importance aux secondes, qui relèvent de l'autonomie du sujet. C’est le … mérite de l'antimodèle moderne que d'avoir mis en doute cette intuition trop rapide. Je vais y revenir. L’ obstacle le plus grave est qu’une société de part en part méritocratique serait en fait invivable. La valeur personnelle des individus s’y lierait à leurs conditions, faite de leur réussite et de leurs échecs, sans aucune circonstance atténuante, sans appel possible à une hypothétique inégalité des chances. Toutes les enquêtes sociologiques le montrent les Français ne veulent pas jouer jusqu'au bout le jeu méritocratique. S'efforçant de le truquer en permanence, ils sont bien placés pour savoir qu'on ne peut faire confiance à la valeur de ses résultats. Ils ne croient pas que les vainqueurs sont les meilleurs. Ils méprisent ceux qui gagnent de l'argent et respectent ceux qui en héritent, se scandalisent beaucoup moins des inégalités de patrimoine que des inégalités de revenus. Ce tableau conduit à formuler une hypothèse, qui échappe totalement aux champions naïfs de la méritocratie sans entraves. Si l’individu de la société moderne refuse de s'y livrer et se satisfait des résurgences hiérarchiques et holistes de la société d'ordre, ce n'est ni qu'il est lui-même archaïque, ni qu'il est aliéné à une idéologie de l'immobilisme social c'est qu’au-delà d'un certain seuil le jeu concurrentiel le fait souffrir de façon à intolérable. » Jean-Pierre Dupuy, Les affaires sont les affaires », Revue Autrement, La Justice, 1994. Texte de François Cusset La discrimination positive L’auteur de ce texte est professeur de civilisation américaine à l’université de Nanterre. Il explique en quoi consiste la discrimination positive », dispositif inégalitaire destiné à compenser les inégalités héritées du passé par des mesures favorisant ou encourageant, au moins partiellement, ceux qui en sont les victimes Traduction tardive de l’ expression américaine affirmative action, la discrimination positive –à laquelle certains acteurs sociaux préfèrent les locution d'action positive ou de politique inclusive, pour leur neutralité, désigne l'ensemble des mesures, contractuelles ou législatives, qui visent à assurer une meilleure représentation des minorités sociales, ethniques ou sexuelles dans les domaines où celles-ci sont particulièrement sous-représentées, notamment pour l'admission à l'université, le recrutement professionnel et l'attribution de marchés publics. Si la notion n’est apparue en France qu'au milieu des années 1990, elle constitue un enjeu politique et culturel majeur aux États-Unis depuis le début des années 1960. … L’argument volontariste de l’équité , formulée par John Rawls dans Théorie de la justice 1971, selon lequel certaines inégalités sont plus justes ou légitimes que d'autres, en particulier lorsque l'objectif est la déségrégation[5], l’emporte au fil des années 1990 sur une opposition aux pratiques de discrimination positive qui continuent de stigmatiser culture de victimisation et pérennisation des différences. Dans son discours du 19 juillet 1995, le président Bill Clinton dénonce ainsi certaines dérives de l'affirmative action, mais affirme la nécessité de l'améliorer plutôt que de l’abroger. La critique la plus valide reste celle d'une insuffisance de critères d'appartenance minoritaire si on ne tient pas compte des situations sociales parce qu'elles ne sauraient résoudre à elles seules des problèmes qui les dépassent, les innovations américaines en matière d'affirmative action ont toujours bénéficié davantage à la classe moyenne noire hispanique qu’aux déclassés du monde rural ou des quartiers les plus défavorisés. Au contraire, dans le modèle français de la République une et indivisible», où l'existence de minorités ethniques n'a jamais été reconnue par la loi, le principe d'un traitement préférentiel n'a longtemps pu être mise en pratique que sur le plan social ou géographique, comme avec la sélectivité territoriale des prestations dans le cas des zones d'éducation prioritaire instituée par Alain Savary en 1982, ou plus récemment contre les discriminations sexuelles dans l'accès aux fonctions électives – avec la révision constitutionnelle de 1999 consécutive à l'institution de la parité des mandats électoraux ». François Cusset, article Discrimination positive », Encyclopaedia Universalis, Notions, 2005. Texte de Karl Marx L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes. Pour Engels et Marx, la lutte des classes est le moteur de l’histoire. A chaque époque, les moyens de production sont appropriés par une fraction du corps social la classe dominante », de telle sorte qu’un clivage se produit entre ceux qui possèdent et contrôlent les moyens de production et ceux qui n’ont d’autre choix que de vendre leur force de travail aux conditions que lui impose la classe possédante. Cet antagonisme structurel prend dans les temps modernes la forme d’un conflit entre la bourgeoisie et le prolétariat Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande [6] et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. Dans les premières époques historiques, nous constatons presque partout une organisation complète de la société en classes distinctes, une échelle graduée de conditions sociales. Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves; au moyen âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres de corporation, des compagnons, des serfs et, de plus, dans chacune de ces classes, une hiérarchie particulière. La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois. Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l'époque de la bourgeoisie, est d'avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées la bourgeoisie et le prolétariat. … La bourgeoisie, nous le voyons, est elle-même le produit d'un long développement, d'une série de révolutions dans le mode de production et les moyens de communication. … Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l'homme féodal à ses “supérieurs naturels”, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du “paiement au comptant”. Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. » Friedrich Engels et Karl Marx, Le manifeste communiste , 1848 , Ed. MEGA, in Oeuvres de KarlMarx, Economie, I. , Bib de la Pléiade, ED. Gallimard, 1965, pp. 160-162. Texte de Pierre Bourdieu Le cumul des inégalités l’école consacre la lutte des classe Dans un texte qui fit sensation lors de sa première édition en 1964, Les Héritiers, les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont montré que l’Ecole l’ensemble des institutions scolaires et universitaires n’est pas un appareil neutre au service de la culture. En s’appuyant sur l'étude empirique du vécu des étudiants et des professeurs ainsi que sur l'analyse des règles du jeu universitaire, ils établissent et dénoncent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe des écoliers. Par-delà les inégalités économiques, ils insistent sur le rôle de l'héritage culturel, capital subtil de savoir, de savoir-faire et d'aisance que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme inégalités naturelles, inégalités de don. Pareille attitude est dans la logique d'un système qui, reposant sur le postulat de l'égalité formelle de tous les enseignés, conditions de son fonctionnement, ne peut reconnaître d'autres inégalités que celles qui tiennent aux dons individuels. … Les classes privilégiées trouvent dans l'idéologie que l'on pourrait appeler charismatique puisqu'elle valorise la grâce» ou le don» une légitimation de leurs privilèges culturels qui sont ainsi transmués d'héritage social, en grâce individuelle ou en mérite personnel. Ainsi masqué, le racisme de classe» peut s’ afficher sans jamais s'apparaître. Cette alchimie réussit d'autant mieux que loin de lui opposer une autre image de la réussite scolaire, les classes populaires reprennent à leur compte l’essentialisme[7] des hautes classes et vivent leur désavantage comme destin personnel. … En l'état actuel de la société et des traditions pédagogiques, la transmission des techniques et des habitudes de pensée exigée par l'école revient primordialement au milieu familial. Toute démocratisation réelle suppose donc qu'on les enseigne là où les plus défavorisés peuvent les acquérir, c'est-à-dire à l’Ecole; que l'on élargisse le domaine de ce qui peut être rationnellement et techniquement acquis par un apprentissage méthodique aux dépens de ce qui est abandonné irréductiblement au hasard des talents individuels, c'est-à-dire en fait, à la logique des privilèges sociaux … Mais il ne suffit pas de se donner pour fin la démocratisation réelle de l'enseignement. En l'absence d'une pédagogie rationnelle mettant tout en oeuvre pour neutraliser méthodiquement et continûment, de l'école maternelle à l'université, l'action des facteurs sociaux d'inégalités culturelles, la volonté politique de donner à tous des chances égales devant l'enseignement ne peut venir à bout des inégalités réelles, lors même qu'elle s'arme de tous les moyens institutionnels économiques; et, réciproquement, une pédagogie réellement rationnelle, c'est-à-dire fondée sur une sociologie des inégalités culturelles, contribuerait sans doute à réduire les inégalités devant l'école et la culture, mais elle ne pourrait entrer réellement dans les faits que si se trouvait données toutes les conditions d'une démocratisation réelle du recrutement des maîtres et des élèves, à commencer par l'instauration d'une pédagogie rationnelle ». Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les héritiers. Les étudiants et les cultures, Les éditions de minuit 1999, pp. 103-115. Texte de Rousseau L’un doit être actif et fort, l’autre passif et faible » Jean-Jacques Rousseau conclut Émile ou De l’Éducation par une étude sur Sophie ou La Femme, la future compagne d’Émile. Rousseau affirme d’emblée que la femme et l’homme sont de la même espèce, mais que leur sexe les fait différer du plus au moins ». Leur inégalité au sein de la famille et de la société est conforme à la nature et à la raison la femme est faite pour plaire à l’homme » et faite pour lui obéir » ; son éducation doit y concourir. Il est à noter que Rousseau ancre la démonstration de cette inégalité sur les comportements différents – actif et passif – de l’homme et la femme dans l’union des sexes ». Cette différenciation actif/passif est présente dès Aristote dans la symbiose de la semence masculine active et d’une matière passive féminine et se retrouve chez Hegel En tout ce qui ne tient pas au sexe, la femme est homme ; elle a les mêmes organes, les mêmes besoins, les mêmes facultés ; la machine est construite de la même manière, les pièces en sont les mêmes, le jeu de l’une est celui de l’autre, la figure est semblable ; et, sous quelque rapport qu’on les considère, ils ne diffèrent entre eux que du plus au moins. … Dans l'union des sexes chacun concourt également à l'objet commun, mais non pas de la même manière. De cette diversité naît la première différence assignable entre les rapports moraux de l'un et de l'autre. L'un doit être actif et fort, l'autre passif et faible il faut nécessairement que l'un veuille et puisse, il suffit que l'autre résiste peu. Ce principe établi, il s'ensuit que la femme est faite spécialement pour plaire à l'homme. … La rigidité des devoirs relatifs des deux sexes n'est ni ne peut être la même. Quand la femme se plaint là-dessus de l'injuste inégalité qu'y met l'homme, elle a tort ; cette inégalité n'est point une institution humaine, ou du moins elle n'est point l'ouvrage du préjugé, mais de la raison c'est à celui des deux que la nature a chargé du dépôt des enfants d'en répondre à l'autre. … Les filles de Sparte s'exerçaient, comme les garçons, aux jeux militaires …. Quelque impression que fît cet usage sur le cœur des hommes, toujours était-il excellent pour donner au sexe une bonne constitution dans la jeunesse par des exercices agréables, modérés, salutaires, et pour aiguiser et former son goût par le désir continuel de plaire, sans jamais exposer ses mœurs. Sitôt que ces jeunes personnes étaient mariées, on ne les voyait plus en public ; renfermées dans leurs maisons, elles bornaient tous leurs soins à leur ménage et à leur famille. Telle est la manière de vivre que la nature et la raison prescrivent au sexe. … Par cela même que la conduite de la femme est asservie à l'opinion publique, sa croyance est asservie à l'autorité. Toute fille doit avoir la religion de sa mère, et toute femme celle de son mari. … La recherche des vérités abstraites et spéculatives, des principes, des axiomes dans les sciences, tout ce qui tend à généraliser les idées n'est point du ressort des femmes, leurs études doivent se rapporter toutes à la pratique … Toutes les réflexions des femmes en ce qui ne tient pas immédiatement à leurs devoirs doivent tendre à l'étude des hommes ou aux connaissances agréables qui n'ont que le goût pour objet ; car, quant aux ouvrages de génie, ils passent leur portée. » Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’Éducation, livre V, Sophie ou La Femme20 Texte Simone de Beauvoir Texte de Simone de Beauvoir On ne naît pas femme on le devient En 1949, Simone de Beauvoir 1908-1986, philosophe, femme de lettres et compagne de Jean-Paul Sartre, publie Le Deuxième Sexe. Au-delà de la thèse philosophique selon laquelle, dans la relation actuelle homme/femme, l’homme serait l’absolu et la femme le relatif, l’ Autre », l’essai marquera les esprits et tout le mouvement féministe par sa démonstration que la différenciation entre masculin et féminin ne provient pas d’un déterminisme biologique ou essentialiste[8], mais d’une construction historique et sociale conduisant à des rapports de domination – construction qui peut donc être démontée et laisser place à des rapports d’égalité. On ne naît pas femme on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. … Si, bien avant la puberté, et parfois même dès sa toute petite enfance, la fille nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n'est pas que de mystérieux instincts immédiatement la vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée. » Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, tome II, éd. Gallimard, 1949, p. 13 Ainsi, la passivité qui caractérisera essentiellement la femme féminine » est un trait qui se développe en elle dès ses premières années. Mais il est faux de prétendre que c'est là une donnée biologique ; en vérité, c'est un destin qui lui est imposé par ses éducateurs et par la société. … On lui apprend que pour plaire il faut chercher à plaire, il faut se faire objet ; elle doit donc renoncer à son autonomie. On la traite comme une poupée vivante et on lui refuse la liberté ; ainsi se noue un cercle vicieux ; car moins elle exercera sa liberté pour comprendre, saisir et découvrir le monde qui l'entoure, moins elle trouvera en lui de ressources, moins elle osera s'affirmer comme sujet ; si on l'y encourageait, elle pourrait manifester la même exubérance vivante, la même curiosité, le même esprit d'initiative, la même hardiesse qu'un garçon. » Texte de Bourdieu La domination masculine En 1998, Pierre Bourdieu publie La Domination masculine, ouvrage dans lequel il définit celle-ci avant tout comme une domination symbolique découlant d’un système de représentation conférant à l’homme et à la femme un rôle prédéterminé et permanent. Cette thèse a parfois été considérée comme juste mais partielle, puisqu’ignorant de fait les inégalités au travail ou les violences physiques et sexuelles, et éternisant » de surcroît les conditions de cette domination. Pierre Bourdieu est revenu sur cet essai en 2002 Pour comprendre la domination masculine qui est une forme particulière et particulièrement accomplie de la violence symbolique …, on peut s’appuyer sur l’analyse d’un ordre institutionnel qui, comme toute institution, existe de deux façons, d’une part, dans les choses, sous forme, par exemple, de divisions spatiales entre les espaces féminins et les espaces masculins, sous forme d’instruments différenciés, masculins ou féminins, etc. et, d’autre part, dans les cerveaux, dans les esprits, sous forme de principes de vision et de division, de taxinomies, de principes de classement …. La forme spécifique de la domination masculine est la violence symbolique comme contrainte par corps. Pour que la domination symbolique fonctionne, il faut que les dominés aient incorporé les structures selon lesquelles les dominants les perçoivent ; que la soumission ne soit pas un acte de la conscience, susceptible d’être compris dans la logique de la contrainte ou dans la logique du consentement alternative …. Le fondement de la situation dominée de la femme, et sa perpétuation par-delà les différences temporelles et spatiales, réside dans le fait que, dans cette économie, elle est plutôt objet que sujet. … Je retiendrai seulement le rôle passif, celui qui est conféré à la femme dans cette logique et qui me semble être au fondement, encore aujourd’hui, du rapport que les femmes entretiennent avec leur corps et qui tient au fait que leur être social est un être-perçu, un percipi[9], un être pour le regard et, si je puis dire, par le regard et susceptible d’être utilisé, à ce titre, comme un capital symbolique[10]. L’aliénation symbolique à laquelle elles sont condamnées du fait qu’elles sont vouées à être perçues et à se percevoir à travers les catégories dominantes, c’est-à-dire masculines, se retraduit dans l’expérience même que les femmes ont de leur corps et du regard des autres. Pierre Bourdieu, Nouvelles réflexions sur la domination masculine, Cahiers du Genre 2/ 2002 n° 33, p. 225-233. Texte Pfefferkom Inégalités de classes, inégalités de sexes Depuis les années 1980, plusieurs concepts sont apparus en sociologie, en liaison avec le mouvement féministe, pour tenter d’éclairer la nature des inégalités femmes/hommes et leur articulation éventuelle avec les inégalités de classe patriarcat », genre », travail domestique », rapports sociaux de sexe », sexisme »… Dans son livre Inégalités et rapports sociaux, paru en 2007, le sociologue Roland Pfefferkorn, qui évoque par ailleurs un retour des classes », fait le point sur ces notions. Le concept de patriarcat présente deux avantages majeurs. En premier lieu, il permet d’insister sur le fait que l’oppression des femmes résulte d’un fonctionnement systémique qui n’est en aucun cas réductible au système capitaliste. En second lieu, il permet d’introduire la question de l’exploitation par les hommes du travail effectué par les femmes dans le cadre domestique. Il met par conséquent l’accent sur une dimension matérielle de l’oppression qui va bien au-delà de la seule référence à la domination. » Roland Pfefferkorn, Inégalités et rapports sociaux, La Dispute, 2007, p. 244. Le travail domestique s’accomplit dans le cadre d’une relation de service » qui implique une disponibilité permanente du temps des femmes au service de la famille envisagée dans un sens large, c’est-à-dire étendue à l’ensemble de la parenté. … D’où la dimension émotionnelle et la charge mentale » qui pèse sur les femmes. … Des gestes apparemment banals portant essentiellement sur des choses régulièrement répétées dans le cadre du travail domestique peuvent contribuer au développement de sentiments et à l’attachement à des personnes dans le cadre non-marchand de rapports familiaux. » Ibid., pp. 255-256. Le mot sexe se réfère aux différences biologiques entre mâles et femelles …. Le genre, lui, est une question de culture. … Les connexions entre la nature et la culture, ici entre le sexe et le genre, sont elles-mêmes sociales, culturelles et historiques, elles n’ont rien de naturel. Dans cette perspective, le masculin et le féminin sont imposés culturellement au mâle et à la femelle pour en faire un homme et une femme. … La définition du masculin et du féminin renvoie désormais à des constructions ou des productions sociales et à des stéréotypes sociaux. » Ibid., pp. 274-275. Le concept de rapports sociaux de sexe a été élaboré à partir de 1980 en connexion avec celui de division sexuelle du travail auquel il est étroitement lié. Il met l’accent sur les dimensions matérielles de l’oppression, c’est-à-dire pour l’essentiel sur le travail, tout en n’occultant pas ses aspects idéels. … Il permet aussi d’articuler les rapports de sexe et les rapports de classe, ne se contentant pas de les penser en parallèle …. Le travail ne se limite pas ici au seul travail salarié, rémunéré, marchand, formalisé. Il inclut le travail informel, le travail non marchand, le travail non rémunéré, en premier lieu le travail domestique, mais aussi la production des représentations ou celle des identités individuelles et collectives. » Ibid., pp. 298 et 309 Texte de Claire Peugny Une école à l’image de la société tout entière élitiste et inégalitaire Claire Peugny est maître de conférences en sociologie à Paris VII. Dans un ouvrage paru en 2013, et intitulé Le destin au berceau », elle explique comment et pourquoi les conditions de naissance continuent, en France, de déterminer le destin des individus Dans la France d’ aujourd'hui, sept enfants de cadres sur dix exercent un emploi d’encadrement quelques années après la fin de leurs études. À l'inverse, sept enfants d’ouvriers sur dix demeurent cantonnés à des emplois d’exécution. Plus de deux siècles après la révolution, les conditions de naissance continuent à déterminer le destin des individus. On ne devient pas ouvrier, on naît ouvrier. Bien sûr, sur le long terme, la société française s'est considérablement ouverte. Tout au long du XXe siècle, les bouleversements de la structure sociale et les progrès de l'éducation ont conduit un nombre croissant d'individus à cheminer dans l'espace social et à s'élever au-dessus de la condition de leurs parents. Jadis exceptionnelle, la mobilité sociale est devenue une régularité statistique, en France comme dans la plupart des autres sociétés occidentales. Pourtant, la société française reste minée par les inégalités. Tandis que que les 10 % des Français les plus fortunés concentrent la moitié de la richesse nationale, les hauts revenus s'envolent et la pauvreté s’étend, frappant désormais plus de 8 millions d'individus. Du point de vue de la mobilité sociale, le constat est terrible entre le début des années 1980 et la fin des années 2000, l'intensité de la reproduction sociale n'a pas faibli, bien au contraire, alors que la période était marquée par une massification scolaire de grande ampleur. Pour la société française, qui a fait de l'école la principale voie de mobilité sociale, c'est un constat d'échec le déclin de l'immobilité sociale demeure extrêmement modeste au regard de l'effort consenti pendant le dernier demi-siècle. En termes de démocratisation, le bilan de la massification scolaire est donc très faible. Foncièrement élitiste, l'école de la République se préoccupe du succès de quelques individus, surreprésentés parmi les groupes sociaux les plus favorisés à qui elle offre le luxe de l'excellence, et ignore trop souvent le sort des vaincus » de la compétition scolaire, promis à la relégation sociale. Tel est le paradoxe de la société française elle accorde une importance démesurée au diplôme obtenu à l'issue de la formation initiale, alors que la compétition scolaire est socialement biaisée dès le départ, tant l’origine sociale pèse sur les cursus et les résultats scolaires. Pour parvenir à desserrer l’étau de la reproduction sociale, il faut en terminer avec le mythe d'une république méritocratie» et rendre l'école vraiment démocratique. » Claire Peugny, Le destin au berceau, Inégalités et reproduction sociale, coll. La République des Idées, Ed. du Seuil, 2016, pp. 9-10. Laurence Hansen-Love [1] Marx nous a déjà donné le tableau d'une société communiste dans laquelle le temps de travail joue un double rôle » D'un côté, sa distribution dans la société règle le rapport exact des diverses fonctions aux divers besoins ; de l'autre, il mesure la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun et en même temps la portion qui lui revient dans la partie du produit commun réservée à la consommation. » Le Capital, tome I. p. 90. [2] Aristote, Politique, livre II, Chapitre 7. [3] Une taxe. [4] Cette conception de la justice a été largement commentée, contestée et récusée y compris dans le camp des libéraux eux`mêmes. Voir ci -dessous le texte de Amartya Sen cité en conclusion. [5] La neutralisation de la ségrégation. [6] Maître de guilde. [7]Pour Bourdieu, l’espace social » la société est traversé par un conflit entre dominants et dominés. Mais, contrairement à Marx pour qui ce conflit exprime à l’époque du capitalisme le rapport social capital/travail, bourgeois/prolétaires, les autres contradictions découlant de cette lutte des classes, Bourdieu considère que l’espace social est divisé en champs » économique, culturel, social, politique, philosophique, religieux, etc. qui ont chacun leur logique propre et font vivre de façon spécifique le conflit dominants/dominés. Dans chaque champ, ce conflit oppose les porteurs d’un capital » comme dans le champ économique, qui détiennent le pouvoir et qui recherchent une rentabilité de leurs investissements pour accroître ce capital et ce pouvoir au détriment des dominés. Mais il ne s’agit pas partout d’une augmentation des profits, comme en économie dans le champ culturel, par exemple, il sera surtout question de recherche du succès commercial ou mondain ou au contraire de reconnaissance élitiste méprisant les pratiques mercenaires. Pour exprimer cette thèse, Bourdieu a forgé les notions de capital symbolique » capital propre à chaque champ, incluant les représentations, d’ habitus » mode d’être conforme à chaque champ et de violence symbolique ». [8] Qui suppose une essence, autrement dit des caractères naturels, voire génétiques. [9] Etre perçu. [10] Sur le sens de cette expression, voir page..
Cest un couple tumultueux qui trace la voie de l’engagement politique aux écrivains du XIXième siècle. Elle, Germaine de Staël (1766-1817), collectionne amants et soupirants ; lui, Benjamin Constant (1767-1830), est un homme à femmes.
Définition sommaire Il s'agit des écrivains qui prennent position, témoignent, dénoncent, faisant de la plume une arme et de leur talent un instrument au service d'une le dictionnaire le Petit Robert Acte ou attitude de l’intellectuel, de l’artiste qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à une position de simple spectateur et met sa pensée ou son art au service d’une cause ».Être engagé pour un écrivain signifie qu’il définit sa position sur un sujet et la défend. Il se positionne par rapport à un contexte politique, religieux ou social. Il peut se donner comme rôle de guider ses lecteurs vers un engagement similaire au sien, vers le bonheur rôle de prophète.Pour l'écrivain, l'action s’engager = agir consiste à écrire en transformant, selon Sartre, sa plume en épée ».Les circonstances * Circonstances religieuses La violence des guerres de religion de la Renaissance XVIè siècle a poussé certains écrivains à prendre position pour ou contre les parties en présence. C'est le cas de Ronsard du côté catholique, et de d’Aubigné du côté protestant, qui s'élève contre les massacres et contre les déchirements Les Tragiques. Aujourd’hui Michel Houellebecq roman Soumission ou Boualem Sansal roman 2084 participent aux débats sur les violences islamistes dans le monde actuel, en proposant des récits d’anticipation où des sociétés sont soumises à des dictatures.* Circonstances politiques La révolution, les guerres, les régimes politiques oppressifs déclenchent aussi bien les protestations que les appels à la résistance. Les Philosophes des Lumières luttent au XVIIIè siècle contre les excès du pouvoir monarchique. Dans Les Châtiments, Hugo s'en prend avec vigueur à Napoléon III et donne une présentation très négative du régime impérial, dénonçant entre autres la violence de l’Empire contre le peuple français. La Seconde guerre mondiale a vu l'installation de l'ordre nazi en Europe et a provoqué la résistance de certains écrivains tels Desnos ou Eluard.* Circonstances sociales et idéologiques Au XIXè siècle, Victor Hugo dénonce tour à tour le travail des enfants dans certains ateliers de son époque Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? » in Melancholia », la justice qui ne fonctionne pas de manière équitable selon le rang social de l’accusé ou la société qui condamne certaines catégories à la misère voir les personnages de Valjean et Fantine dans Les Misérables. Le combat de Zola en faveur du capitaine Dreyfus article J’accuse » s'inscrit dans la lutte contre l’antisémitisme, très répandu alors dans la société française. Au XXè siècle, les prises de position contre le colonialisme David Diop, Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, contre l’apartheid André Brink, Nadine Gordimer, contre les camps soviétiques Alexandre Soljenitsyne, jouent un rôle de dénonciation d’idéologies et de régimes politiques qui ne respectent pas certaines armes » de l’écrivain engagé L'écrivain s'engage par son écriture en adaptant les genres et les styles au sujet dénoncé ou défendu, au contexte dans lequel il écrit.* La poésie Le poète engagé va utiliser toutes les potentialités habituelles du texte poétique forme versifiée, longueur des vers, sonorités, rythme, figures stylistiques, polysémie des mots, … pour les mettre au service de la défense d’une cause ou de la dénonciation d’une Le poète engagé peut jouer sur la brièveté d'un poème Le Dormeur du val » d’Arthur Rimbaud afin de frapper le lecteur, ou sur sa longueur Les Tragiques d’Aubigné ou le poème Liberté » d’Eluard afin de développer un argumentaire, des explications, et d’installer une atmosphère pour entraîner le Il peut également jouer sur le rythme l'alexandrin assène des formules frappantes dans Les Châtiments d’Hugo ; les vers parfois très courts frappent, mettant en valeur des termes forts dans La plus drôle des créatures » d’Hikmet.- La poésie utilise également des figures expressives l'anaphore Afrique » de Diop, Liberté » d’Eluard, les répétitions, les antithèses Ce cœur qui haïssait la guerre » de Desnos, les parallélismes, les métaphores, les comparaisons D’Aubigné compare la France à une mère déchirée, Hugo présente l’échafaud comme un monstre sanguinaire sorti de la nuit, Césaire imagine les esclaves en révolte comme un vers qui ronge le navire négrier qui les transporte.* Les textes narratifs argumentation indirecte Les textes narratifs mettent en scène des situations qui font réagir et font réfléchir Voyage au bout de la nuit, Céline ; les contes philosophiques de Voltaire ; les récits de science-fiction. Que les récits soient réalistes, ancrés dans une réalité géographique et historique réelle et connue, ou qu’ils imaginent des lieux et des époques éloignés de la réalité terrestre car basés dans le futur/dans un passé indéfini, ou dans un lieu imaginaire, ils visent à représenter une réalité sociale, politique, à intégrer des parcours de vie de personnages auxquels le lecteur peut s’identifier. Le récit sert alors à la fois à informer sur certaines réalités Zola montre les conditions de vie inhumaines des mineurs dans Germinal, à dénoncer des idéologies techniques totalitaires dans 1984 d’Orwell, à émouvoir jeu sur les émotions du lecteur le lecteur sur la situation de certaines populations l’esclave dans Candide de Voltaire ; le Calédonien à Paris dans Cannibale de Daeninckx. La fiction, parce qu’elle donne vie à une réalité, à un univers, à un système de personnages et de lieux, donne une force à certaines dénonciations. Les récits peuvent aussi mettre en place des situations qui exagèrent certains traits des sociétés et des personnes humaines réelles ils mettent ainsi en valeur les risques liés à certains choix politiques, sociaux ou à certains progrès techniques série de nouvelles autour des robots par Asimov.* Les textes théâtraux Depuis l’Antiquité, le texte théâtral permet de diffuser des idées auprès du public. La proximité avec les spectateurs uniquement attentifs pendant le temps de la représentation à ce qui se déroule sur scène, à ce qui se dit, en fait un outil privilégié de la littérature engagée. Comme dans les récits, les situations présentées, qu’elles soient réalistes ou symboliques, permettent de dénoncer des dérives totalitaires par exemple Ionesco dans Rhinocéros, des idéologies, des comportements Ruy Blas dénonçant la corruption des puissants du royaume d’Espagne, Hugo. Les dialogues sont bien entendu un moyen efficace pour confronter des idées différentes dialogue entre Créon et Antigone dans Antigone d’Anouilh, des personnages. Les metteurs en scène offrent aussi, par leurs choix, des représentations à l’engagement net Joël Jouanneau dans son adaptation d’En attendant Godot, évoque l’absence de perspectives dans les banlieues françaises des années 1990.* Les textes développant une argumentation directe Ils font davantage appel au raisonnement, à la logique. Ils sont donc explicatifs, et s’appuient sur des exemples tirés de la réalité. Quels exemples donner des genres concernés ? Les articles de dictionnaire Dictionnaire philosophique de Voltaire, certains articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert qui, en se donnant une apparence d’objectivité, redéfinissent certaines notions admises et provoquent le débat ; les discours qui peuvent user des techniques rhétoriques de l’oral pour frapper les lecteurs Discours contre le colonialisme de Césaire ; les articles de presse, sous la forme de tribunes J’accuse » de Zola ou de lettres ouvertes sont ancrés dans une réalité immédiate mais usent de techniques littéraires propres à emporter l’adhésion des lecteurs. L'ironie ou l’anaphore sont des techniques souvent employées dans le cadre des textes déployant une argumentation final, la littérature est souvent engagée Jean-Paul Sartre, qui représente souvent la figure de l’écrivain engagé, expliquait qu’un texte littéraire n’est presque jamais neutre. Un écrivain serait donc toujours, en quelque sorte, engagé, puisqu’il offre une vision particulière du monde. Il défend des valeurs, même sans le souhaiter, même si ce n’est pas son projet. Il fait réfléchir aux relations entre les hommes, des hommes avec leur environnement. Même un écrivain qui se présenterait comme intimiste, attaché à une individualité particulière, renvoie ainsi à l’universel en rendant compte des méandres de la pensée, des émotions d’un être humain particulier, l’écrivain se fait le miroir de toute l’ actualisée et enrichie par Yann Le Texier à partir de la synthèse proposée par Fabienne Pouliquen, enseignante
Schématiquementrésumé : Aragon est le double de Barrès et André Stil celui de Paul Bourget. 15 Chez Camus, le raisonnement est moins insinuant et moins contourné, laissant apparaître avec netteté les contours d’une critique du réalisme socialiste qui,
Littérature ► vous êtes iciSommaire Qu’est-ce qu’un courant littéraire ? Des valeurs communes Un dialogue entre les arts Une dimension internationale Comment un courant se fait-il connaître ? Par une communauté d’écrivains et d’artistes Par des textes fondateurs Par des formes dominantes Par son nom Les mouvements dans l’Histoire La succession des mouvements L’opposition des mouvements Gros plan sur les courants littéraires Une œuvre littéraire peut être appréciée pour elle-même. Mais on la comprend mieux quand on la situe dans son époque, et notamment dans son contexte culturel. Par sa langue, par ses valeurs et par ses idées, elle se rapproche d’autres œuvres au sein d’un même qu’un courant littéraire ?Des valeurs communesUn courant littéraire ou un mouvement littéraire s’affirme par des principes et des idées qui le distinguent des autres courants. Pour le Romantisme au XIXe siècle, selon Baudelaire, ces valeurs sont la spiritualité, l’aspiration vers l’infini, le rêve, le sens de la couleur ». Pour le Classicisme au XVIIe siècle, c’étaient l’harmonie, la simplicité, le naturel. Pour le Naturalisme à la fin du XIXe siècle, ce seront la science, l’observation, non le rêve mais la l’intérieur d’un même mouvement, les écrivains partagent des options esthétiques une même conception du style, de l’art, du beau et idéologiques une même conception de la vérité, de la société, de la liberté, etc..Un dialogue entre les artsUn mouvement littéraire s’intègre le plus souvent dans un mouvement culturel plus large, qui touche la vie artistique et intellectuelle dans son ensemble. Le Romantisme s’impose dans les domaines de la peinture avec Delacroix et de la musique avec Berlioz, et pas seulement dans les genres dimension internationaleLa plupart des grands mouvements littéraires et culturels ne se développent pas seulement en France, mais dans toute l’Europe. C’est le cas, au XIXe siècle, du Romantisme, dont Baudelaire évoque les liens avec le Nord. L’Humanisme au XVIe siècle, les Lumières au XVIIIe siècle, le Réalisme au XIXe siècle, ont une dimension existe cependant une exception française le Classicisme, qui correspond à l’affirmation d’une identité culturelle nationale sous Louis XIV et s’oppose au Baroque une communauté d’écrivains et d’artistesLa dimension collective du mouvement littéraire se manifeste à travers des ouvrages communs comme l’Encydopédie pour les philosophes » du XVIIIe siècle ; des revues comme La Révolution surréaliste dans les années 1920 ; des cénacles cercles d’écrivains à l’époque romantique ou des réunions régulières comme à Médan, autour de Zola, à l’époque du Naturalisme.Par des textes fondateursUn mouvement s’affirme par des textes qui définissent sa spécificité préfaces, manifestes, essais, œuvres majeures, etc.. On peut citer par exemple Défense et illustration de la langue française 1549 de Du Bellay, qui présente les idées nouvelles du groupe de la Pléiade ; Le Roman expérimental 1880 de Zola, qui expose les thèses du Naturalisme ; ou encore les Manifestes du surréalisme 1924 et 1929 d’André définit l’esthétique romantique dans ses préfaces des Odes et ballades en 1826 ; de Cromwell en 1827 ; il la fait connaître aussi par son théâtre la représentation d’Hernani, en 1830, tourne à la bataille » contre les partisans de la tradition ; et il proclame dans ses poèmes l’idéal romantique du poète mage » et prophète ».Par des formes dominantesChaque mouvement cultive un genre littéraire privilégié le Classicisme porte à la perfection l’art de la tragédie Corneille, Racine ; les Lumières explorent toutes les possibilités de la prose argumentative essais, dialogues, contes philosophiques Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot ; le Romantisme s’épanouit dans la poésie lyrique, et imagine dans le drame un dépassement de l’opposition entre tragédie et comédie ; le Réalisme et le Naturalisme donnent tout leur essor aux genres narratifs Balzac, Zola, Maupassant, tandis que le Symbolisme au contraire, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, entend remettre la poésie au premier plan Mallarmé.Par son nomUn mouvement littéraire reçoit rarement dès son époque le nom que lui donnera la postérité. Le mot classicisme » apparaît vers 1820 chez les adversaires du Romantisme, longtemps après l’époque, le XVIIe siècle, dont ils se veulent les héritiers. Le mot réalisme » naît pour désigner un projet littéraire, vers 1850, au moment où meurt Balzac. À l’inverse, les naturalistes et les surréalistes ont revendiqué et précisé eux-mêmes l’étiquette par laquelle on les appellations ont pris aujourd’hui un sens plus large, au-delà d’une période délimitée, pour caractériser un style, un tempérament baroque peut s’appliquer à une œuvre caractérisée par le désordre et la démesure ; classique, au contraire, peut qualifier un texte sobre et clair, ou encore tout chef-d’œuvre consacré par la tradition ; romantique se dit de l’exaltation lyrique de la nature, de la soif d’absolu…Les mouvements dans l’HistoireLa succession des mouvementsLes grands mouvements littéraires et culturels se succèdent dans le temps, selon des périodes que l’on peut dater l’Humanisme au milieu du XVIe siècle 1530-1570; le Baroque vers 1570-1650; le Classicisme de 1650 à 1700; les Lumières de 1720 à 1770 ; le Romantisme de 1820 à 1850 pour la France ; le Réalisme et le Naturalisme de 1830 à 1890; le Surréalisme vers 1920-1940, à la suite du mouvement Dada né en Naturalisme, qui prolonge le Réalisme dans les années 1870-1890, succède effectivement au romantisme Zola conteste à Hugo le droit d’incarner le siècle après la fin du Romantisme. L’école naturaliste, vers 1880, ne règne pas seule sur le monde des lettres chaque époque, plusieurs sensibilités, plusieurs tendances des mouvementsL’histoire des mouvements littéraires est faite de conflits, de querelles parfois vives chaque nouvelle esthétique, pour se faire reconnaître, doit souligner sa différence. Le Classicisme s’affirme comme école du bon goût et du naturel, opposés aux excès et aux artifices du Baroque. Le Romantisme oppose la liberté et l’imagination aux principes classique de l’imitation, qui ont encore leurs partisans au début du XIXe siècle. Le Réalisme, dans le roman, entend montrer la société réelle, sans les embellissements idéalistes du Romantisme ; mais les romanciers considérés comme fondateurs du Réalisme, Stendhal et Balzac, sont aussi représentatifs de la génération romantique de 1830. Le courant de l’Art pour l’Art, qui voit le jour avec les poètes parnassiens vers 1850, rejette par son formalisme l’idée romantique d’une fonction sociale de la littérature, mais aussi une certaine vulgarisation de la pratique littéraire chez les ne faut donc pas réduire une grande œuvre au mouvement dont elle serait l’illustration un auteur peut évoluer d’un mouvement à l’autre, ou échapper à toute école. Mais les groupes d’écrivains jouent un rôle important dans le débat qui anime la vie culturelle autant que dans la relecture et l’interprétation des mouvements du passéGros plan sur les courants littérairesXVIe siècle◾ L’Humanisme◾ La PléiadeXVIIe siècle◾ Le Baroque◾ La préciosité◾ Le ClassicismeXVIIIe siècle◾ Le Siècles des Lumières◾ Le pré-RomantismeXIXe siècle◾ Le Romantisme◾ Le Parnasse ◾ Le Symbolisme◾ Le Réalisme ◾ Le Naturalisme ◾ Le dandysme et le décadentismeXXe siècle◾ Le dadaïsme◾ Le Surréalisme◾ L’Existentialisme ◾ Le Nouveau RomanArticles connexes Qu’est-ce que la littérature ? Les théories littéraires. Histoire de la littérature française Le Moyen Âge. – Le XVIe siècle. – Le XVIIe siècle l’âge baroque, l’âge classique. – Le XVIIIe siècle. – Le XIXe siècle. Les genres littéraires. L’Académie française. Histoire de la France. Histoire de la langue française. Littérature et engagement au XXe siècle. La poésie repères historiques. Auteurs français. – Auteurs francophones. Les prix littéraires. Histoire de la philosophie. Histoire du vocabulaire de livresRecherche sur le site
Leconcept de littérature a été régulièrement contestée par des écrivains tels que par les critiques et les théoriciens: à l’initiative de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques en 1777 , et Honoré de Balzac avec sa «Lettre aux écrivains du XIXe siècle», publié dans la Revue de Paris en 1834 qui a conduit en 1838 à la création d’entreprise des hommes
Alice Coffin pose le 21 septembre 2020 à Paris / AFP/Archives Devenue en quelques semaines un des nouveaux visages du féminisme, l'élue écolo parisienne et activiste lesbienne Alice Coffin, qui sort mercredi un livre, assume de cibler les hommes dans ses combats militants comme politiques, quitte à 42 ans, cette journaliste de formation a fait une entrée remarquée en politique en réclamant en juillet le départ du maire-adjoint à la Culture de Paris, Christophe Girard, critiqué pour ses liens avec l'écrivain Gabriel Matzneff, mis en cause pour viols sur lendemain d'une manifestation qui a conduit à la démission surprise de ce proche d'Anne Hidalgo, Alice Coffin explose en plein conseil de Paris, criant "la honte, la honte" pendant qu'un hommage lui est rendu."C'était fou de l'encenser comme ça. J'avais lu l'article du New York Times sur sa proximité avec Matzneff et je me disais que pour cette raison, symboliquement, il ne pouvait pas accéder au pouvoir", raconte à l'AFP cette femme aux yeux clairs, courts cheveux blonds en bataille, assurant qu'elle ignorait tout à l'époque des accusations de viol aujourd'hui portées contre l'ancien Coffin pose le 21 septembre 2020 à Paris / AFP Après un été "compliqué", elle sort mercredi chez Grasset son premier ouvrage, "Le génie lesbien", un "livre de combat" contre "l'invisibilité des lesbiennes" mais aussi "l'androbsession".- Blacklistée -Érigée en "nouvelle harpie du féminisme" par l'hebdomadaire Valeurs actuelles, accusée d'être excessive, soutenue par son groupe écologiste mais blacklistée par la majorité parisienne... Alice Coffin divise et subit insultes et menaces sur les réseaux sociaux, ce qui lui a valu d'être sous protection policière en août."Ce qu'on me reproche - et c'est ce que je veux montrer dans le livre - c'est que j'ose pointer les hommes, leurs privilèges et refuser tout ce discours de la complémentarité entre les hommes et les femmes", justifie l'élue, qui n'a "pas peur de prendre la parole".Récemment, elle a vu ressortir des images de 2018, où elle déclare sur la chaîne RT lors d'une mobilisation contre la PMA "Ne pas avoir un mari m'expose plutôt à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée".Soutenue via le hashtag JeSoutiensAliceCoffin, elle se voit cependant reprocher par Anne Hidalgo de se battre "pas pour l'égalité des droits" mais "pour le droit à la différence", et est taxée de "pensée binaire" par la philosophe Elisabeth Badinter."Je sais qu'en choisissant la généralisation je déplais, car c'est impossible à entendre qu'il y a un problème masculin", poursuit celle qui enseignait depuis 2012 le journalisme à l'Institut catholique de Paris et n'a pas été reconduite à la rentrée. "Mais c'est un discours politique, bien sûr que je ne pense pas que chaque homme est comme ça".Née en 1978 à Toulouse, où ses deux parents étudiaient l'aéronautique, cette aînée d'une fratrie de six a ensuite grandi à entre dans l'activisme en 2010 en rejoignant sa mère, Colette, dans le collectif La Barbe, où les militantes s'introduisent grimées de fausses barbes dans des réunions essentiellement composées d'hommes assemblées générales d'entreprises, conférences pour y dénoncer la domination masculine des lieux de pouvoirs. - "Les Z'amours" -"Elle y a forgé un activisme très concret mais aussi pris des coups, au sens littéral du terme", se rappelle la militante Veronica Noseda, son amie depuis 10 ans, qui a joué dans la même équipe de foot féminin "Les dégommeuses".Pour elle, "il y a un décalage entre l'image construite par ses adversaires et ce qu'elle est une femme chaleureuse, à l'écoute, d'une grande énergie et inventivité".En 2018, elles claquent ensemble la porte d'une réunion sur la PMA avec Emmanuel Macron, à laquelle elles s'étaient invitées, critiquant "l'effacement total des lesbiennes sur ce sujet".Cofondatrice en 2013 de l'Association des journalistes LGBT AJL et porte-voix de la Conférence européenne des lesbiennes, elle raconte dans son livre comment elle a convaincu sa compagne depuis six ans de participer à l'émission télévisée "les Z'amours", où des couples viennent partager leur quotidien. Regrettant qu'elles n'aient finalement jamais été rappelées.
Écrivaincritiquant la société et les hommes On peut en ramener en cadeau après un voyage Ville allemande où se situe la bourse nationale Unité d'énergie exprimée en Wh Techniques utilisées pour vendre un produit Synonyme d'héritier, il peut être universel Dialogue traduit d'un film situé en bas de l'image Avouer ses fautes, ses crimes
Publié le jeudi 23 mai 2019 à 17h50 Chloé Delaume Chloé Delaume, autrice du "Cri du sablier" et des "Sorcières de la République", aborde dans son dernier livre, "Mes bien chères sœurs", l'évolution du féminisme depuis le mouvement meToo. Qu'en ont pensé les critiques du "Masque & la Plume" ? Le livre résumé par Jérôme GarcinC’est un livre en forme d’appel, qui s’adresse aux femmes en général, autant qu’à leurs alliés ». Dans un pays où une femme sur dix est violée au cours de sa vie et une femme assassinée tous les trois jours par son conjoint, Chloé Delaume en appelle, après la vague MeToo, à un nouveau féminisme. Un livre qui prolonge, treize ans après, le King Kong Théorie de Virginie Despentes. Chloé Delaume y ajoute le concept de sororité et l’idée de solidarité féminine. Patricia Martin a commencé par douter, puis...PM "J'ai commencé par tiquer à cause de la radicalité du propos en parlant des hommes pour les désigner. Il ne faut pas exagérer, je ne parle pas comme cela aux hommes personnellement. Elle est très directe, elle s'est construite contre les hommes, certes de manière discrète et très élégante. Mais très vite, ce livre devient revigorant avec une vision, un souffle, une solution apportée qui sort les femmes du statut de victime. Le constat qu'elle dresse est implacable un viol est déclaré toutes les trente minutes et 96% des agresseurs sont des hommes. Elle s'empare du langage pour prendre le pouvoir, c'est là d'ailleurs tout le pouvoir de l'écrivain. Ce que je trouve formidable, c'est qu'elle estime que ce vers quoi il faut s’atteler, ce n'est pas une révolution mais plutôt qu'il faut chercher cela très loin en soi. Cela relève de l'intime parce que nous-même, femmes, on a intériorisé et avalé toutes les règles patriarcales de la société y compris d'être ce qu'elle appelle "des Schtroumpfettes en société". C'est-à-dire de vouloir faire la maline parce qu'on se fait plus remarquer. Je suis une Schtroumpfette et je lutte contre ce côté là". Il faut se parler de sorte à constituer une chaîne humaine sans s'occuper des hommes mais sans les prendre pour des ennemis. Olivia de Lamberterie a adoré C'est un livre fulgurant ! OL "J'ai trouvé que c'était le livre d'une écrivaine, en cela très différent de beaucoup de livres de féministes qui se prétendent écrivaines. Il s'agit là d'une écrivaine féministe mais avec de l'humour, ce qui n'est pas toujours le cas. La première partie est étincelante de formules. Elle signe l'acte de décès d'une certaine société patriarcale dans laquelle toute une famille se réunissait, comme symbole, autour de Cocogirl, l'émission de Stéphane Collaro où c'était finalement la France de la gaudriole. Cette société où lorsque les filles avaient été violées, c'était qu'elles l'avaient bien cherché. C'était la France - dit-elle - où on n'avait pas encore nommé les mots de "harcèlement de rue", "d'agression sexuelle" mais où tout cela existait bien à la photocopieuse. Après, elle explique pourquoi la quatrième révolution féministe, celle de meToo, celle du procès Baupin, celle de la ligue du lol, de la libération de la parole, est essentielle car, enfin, on écoute la parole des femmes et on la prend pour ce qu'elle est. Elle explique assez délibérément qu'internet a plus libéré les femmes que Moulinex du fait de la disparition des milieux sociaux, des corps, du fait que que toutes les filles se sont retrouvées à égalité derrière leur ordinateur pour dire ce qui leur était arrivé. Elles misent désormais sur la sororité. J'ai adoré cela car elle met les pieds dans le plat dans la vie, elle a davantage souffert du mépris et de la rivalité des femmes que des hommes, une chose complètement taboue que nous avons déjà connue très fréquemment. Les femmes entre elles peuvent être absolument immondes. Et là, elle part du principe qu'il y a une nouvelle éthique de vie à avoir, celle d'être sœurs". Achetez ce livre ! C'est aussi important que King kong théorie de Virginie Despentes, et en plus c'est drôle. Selon Jean-Claude Raspiengeas, "C'est un livre drôle et combatif"JCR "Elle nous explique bien d'où elle vient. Elle a vu depuis son enfance ce qu'il y avait de pire à voir [ndlr elle a vu, à dix ans, son père tuer sa mère et se suicider]. On y retrouve un rythme de marteau-piqueur avec une sorte de mitraillette sémantique additionnant les trouvailles surprenantes, accompagnées de rafales de données accablantes. Mais je me suis demandé comme elle n'a vu au départ que des choses absolument terribles contre les femmes, il y a certaines de ses thèses que je trouve quelque peu discutables. Lorsqu'elle explique que toutes les femmes ont été infériorisées, exploitées et abusées, je dis qu'on peut tout de même discuter cela". Arnaud Viviant "ce livre ne m'est pas destiné puisqu'il s'adresse à la sororité" AV "J'ai un ami qui dit toujours que la devise française devrait être "Égalité, Égalité, Égalité" car la liberté, c'est pour les Anglais et la fraternité, c'est pour les curés. Je ne suis pas tellement certain de ce mot, "sororité". "Les couillidés" cela m'a fait rigoler. J'imaginais écrire un roman où je parlerais des femmes comme les "nichonées" ou les "ovariées" contre les "couillidés" mais il y a quelque chose d'intéressant c'est d'abord une écrivaine. Elle fait ce manifeste qu'elle veut être une réplique du SCUM Manifesto de Valérie Solanas dont il faut rappeler quand même qu'elle a tiré cinq balles sur Andy Warhol. Sur ces questions-là, le livre très important à lire est celui de Paul Preciado, qui a changé de sexe. Dans son livre, il réunit ses chroniques et a affirmé, au sujet du mouvement meToo, que nous avions un siècle de retard car nous sommes encore piégés dans l'identité sexe homme/femme". Aller plus loinEcoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre "Mes bien chères s½urs" de Chloé Delaume les critiques du "Masque & la Plume" 10 min France Inter 📖 Le roman de Chloé Delaume est à retrouver au Seuil Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.
Sommaire Dans Les Faux-Monnayeurs, André Gide livre une vive critique de la société du XXe siècle. Il dénonce la fausseté et l'hypocrisie qui règnent. C'est la raison pour laquelle il a choisi le thème de la contrefaçon, que l'on retrouve dès le titre du roman.
ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, Lewis Carroll Fiche de lecture Quand je lisais des contes de fées, je m'imaginais que des aventures de ce genre n'arrivaient jamais, et, maintenant, voici que je suis en train d'en vivre une ! On devrait écrire un livre sur moi, on le devrait ! », s'exclame l'héroïne des Aventures d'Alice au pays des merveilles , poussant le lecteur à suspendre toute incroyance » – pour paraphraser le romantique anglais Coleridge – à l'égar […] […] Lire la suite ANGLAIS ART ET CULTURE Littérature Écrit par Elisabeth ANGEL-PEREZ, Jacques DARRAS, Jean GATTÉGNO, Vanessa GUIGNERY, Christine JORDIS, Ann LECERCLE, Mario PRAZ • 28 170 mots • 29 médias Dans le chapitre Vers l'imagination et la fantaisie » […] Une révolution allait se préparer grâce à la publication en traduction des Contes populaires des frères Grimm 1823, puis des Contes d'Andersen 1846, et à la parution entre 1841 et 1849 d'un Recueil familial » Home Treasury de livres, d'illustrations, de jouets, destinés à nourrir le sentiment, l'imagination, la fantaisie et le goût des enfants » et où, sous le pseudonyme de Felix Summ […] […] Lire la suite ARNOLD MATTHEW 1822-1888 Écrit par Louis BONNEROT • 1 606 mots En Angleterre, Arnold est le représentant de la lucidité moderne, non seulement par la volonté de voir clair en lui-même, mais parce qu'il analyse la conscience nationale. Le critique est doublé d'un poète philosophe en qui s'exprime la sensibilité raffinée d'un lettré, mais rarement l'effusion véritable. Par une étrange ironie des choses, c'est peut-être le romantisme que son œuvre portait en ell […] […] Lire la suite BARRIE JAMES 1860-1937 Écrit par Universalis • 791 mots Auteur de pièces de théâtre et de romans, James Barrie, né le 9 mai 1860 en Écosse à Kirriemuir, est surtout connu pour avoir créé le personnage de Peter Pan, le garçon qui ne voulait pas grandir. Fils d'un tisserand, il ne s'était jamais remis de la mort d'un de ses frères, survenue alors qu'il avait six ans, et de l'effet catastrophique que cette mort eut sur sa mère, laquelle devait exercer sur […] […] Lire la suite BRONTË LES Écrit par Raymond BELLOUR • 2 594 mots • 1 média L'œuvre des sœurs Brontë offre le fascinant exemple d'un texte littéraire voué à la méconnaissance par la puissance même de la mythologie qui a fait sa célébrité. Il est peu de sujets que la critique anglo-saxonne ait abordés depuis un siècle avec un tel luxe d'érudition, d'amour et de curiosité ; il n'en est pas dont elle ait obscurci pareillement le sens. On en jugera d'après le seul fait qu'il […] […] Lire la suite BROWNING ROBERT 1812-1889 Écrit par Pierre BRUNEL • 1 234 mots Public britannique, toi qui ne m'aimes point » le vers-refrain de L'Anneau et le Livre s'est trouvé tardivement démenti par le prodigieux succès que Browning a connu à la fin de sa vie. Mais la postérité est retombée dans l'incompréhension et la malveillance. Théodore de Wyzewa ne voyait, dans le cortège funèbre du grand écrivain, qu' une foule de professeurs, quelques métaphysiciens et tout […] […] Lire la suite BUTLER SAMUEL 1835-1902 Écrit par Jean-Baptiste FORT • 333 mots Fils d'un pasteur anglican, Samuel Butler grandit dans un milieu familial bourgeois et moralisant, victorien » en un mot. Si ses études, au sortir de Cambridge devaient normalement le conduire à une carrière ecclésiastique, sa foi ne résista pas à l'épreuve de l'expérience. Il émigra alors en Nouvelle-Zélande où il vécut pendant quatre ans en élevant des moutons. Il rentra en Angleterre presque […] […] Lire la suite CARLYLE THOMAS 1795-1881 Écrit par Michel FUCHS • 1 713 mots Que Carlyle ait été tenu pour le prototype du sage » à l'époque victorienne peut paraître paradoxal nul n'a dénoncé avec plus de persévérance et de violence l'imposture universelle de son siècle. Pourtant, la vénération qui entoure, à la fin de sa vie, cet homme si peu conservateur qu'il rejette tout ce qui existe s'explique aisément les uns acceptent volontiers qu'on dénonce les maux dont […] […] Lire la suite CARROLL LEWIS 1832-1898 Écrit par Jean GATTÉGNO • 2 948 mots • 1 média L'œuvre de Lewis Carroll fait problème écrite d'abord pour des enfants, c'est chez les adultes qu'elle connaît à l'heure actuelle le plus grand succès ; insérée dans le courant qui, à l' époque victorienne, a transformé la littérature enfantine, c'est au milieu du xx e siècle qu'on a pris la mesure de son caractère d'avant-garde dans divers domaines des sciences humaines ; écrite par un clergy […] […] Lire la suite CHAMBERLAIN HOUSTON STEWART 1855-1927 Écrit par Roland MARX • 348 mots Écrivain anglais connu essentiellement comme l'un des pères européens du racisme. Né dans une famille d'officiers supérieurs, influencé par un professeur allemand de Cheltenham, Otto Kuntze, et par ses études de sciences naturelles à Genève, il passe les années 1885-1889 en Allemagne et s'enthousiasme pour Richard Wagner, auquel il consacrera plusieurs monographies Notes sur Lohengrin , 1892. I […] […] Lire la suite CLARE JOHN 1793-1864 Écrit par Ann Daphné GRIEVE • 417 mots Ce sont ses origines paysannes qui déterminent très tôt la vocation de celui qu'on surnommera le poète paysan du Northamptonshire ». Fils de paysans misérables et presque analphabètes, John Clare passe son enfance dans les champs et les bois, à garder les oies et les moutons, ne suivant l'école que pendant les mois d'hiver. Dès l'âge de douze ans il doit gagner sa vie. Il fait toutes sortes de m […] […] Lire la suite CLOUGH ARTHUR HUGH 1819-1861 Écrit par Louis BONNEROT • 329 mots Poète anglais. Après quelques années en Caroline où son père avait émigré, Arthur Clough revint en Angleterre pour y fréquenter la célèbre public school de Rugby où, parfait gentleman chrétien », il fut l'élève favori du grand éducateur Matthew Arnold. La bourse qu'il obtint 1836 pour le Balliol College lui promettait une brillante carrière, mais Oxford était alors en proie à des conflits rel […] […] Lire la suite COLLINS WILLIAM WILKIE 1824-1889 Écrit par Louis BONNEROT • 348 mots Fils d'un peintre paysagiste de renom, William Wilkie Collins reçut une éducation privée, passa dix-huit mois en Italie avec sa famille et, contre son gré, fit des études de droit dont profita la documentation de ses romans et essais dramatiques. Memoirs est la vie de son père ; Antonia ou la Chute de Rome Antonia or the Fall of Rome , 1850, un roman historique à la manière de Bulwer Lytton. […] […] Lire la suite CYCLE ARTHURIEN DANS LA FANTASY Écrit par Anne BESSON • 2 463 mots Dans le chapitre Renaissance victorienne » […] L'histoire des réécritures arthuriennes se confond pour une part avec celle de la fantasy, l'autre part se rattachant, quant à elle, au roman historique. Le goût pour le Moyen Âge a ainsi joué un rôle décisif dès l'invention de la fantasy comme genre littéraire durant l'ère victorienne. Et comme il s'agit d'un passé médiéval anglais, la figure du roi Arthur y est privilégiée. Celui-ci fit l'objet […] […] Lire la suite DICKENS CHARLES 1812-1870 Écrit par Sylvère MONOD • 3 461 mots • 2 médias Charles Dickens est, avec Shakespeare et Emily Brontë, l'un des très rares écrivains anglais qui jouissent d'une véritable popularité en France. Dans son pays natal, après avoit été adulé de son vivant, il connut l'inévitable éclipse qui suit toute réputation et souffrit du discrédit général dans lequel tomba la littérature de l'époque victorienne. Depuis la Seconde Guerre mondiale, Dickens susci […] […] Lire la suite DISRAELI BENJAMIN 1804-1881 comte de Beaconsfield Écrit par Roland MARX • 704 mots • 2 médias Homme d'État britannique. Fils d'un père juif converti à l'anglicanisme, Benjamin Disraeli se fait d'abord connaître par ses talents d'écrivain. Après plusieurs œuvres mineures, dont Vivian Grey en 1827, il publie en 1844, 1845 et 1847 ses trois grands romans Coningsby ; Sybil, or The Two Nations et Tancred, or The New Crusade . Le premier pose le problème de la société de son temps ; il déno […] […] Lire la suite ELIOT GEORGE 1819-1880 Écrit par Dominique JEAN • 1 802 mots Femme de lettres, essayiste, critique et traductrice, Mary Ann Evans avait près de quarante ans quand parut son premier roman signé George Eliot. À un genre particulièrement florissant à l'époque victorienne, la maturité et l'intelligence de G. Eliot apportèrent un souci de la forme, une vigueur de la pensée et une qualité de réflexion morale qui séduisirent aussitôt la critique et le public. La f […] […] Lire la suite FANTASY Écrit par Anne BESSON • 2 811 mots • 3 médias Dans le chapitre Enfants et adultes » […] Dès ses origines, dans l' Angleterre victorienne de la seconde moitié du xix e siècle, la fantasy se développe parallèlement en direction d'un double public, enfants et adultes. Le genre poursuit ainsi la tradition d'un rapport privilégié entre la littérature du merveilleux et le jeune public, en lui ouvrant l'accès à d'autres mondes, où la magie multiplie les possibles Wonderland » de Lewis […] […] Lire la suite FORD MADOX FORD 1873-1939 Écrit par Universalis • 532 mots Romancier anglais, né le 17 décembre 1873 à Merton, dans le Surrey, mort le 26 juin 1939 à Deauville. Ford Hermann Hueffer, dit Ford Madox Ford ou encore Ford Madox Hueffer, est le fils du critique musical allemand Francis Hueffer 1843-1889 et le petit-fils du peintre préraphaélite Ford Madox Brown 1821-1893. Élevé dans un milieu culturel tourné vers les arts, Ford écrit sa première nouvelle, […] […] Lire la suite GASKELL ELIZABETH 1810-1865 Écrit par Alain LABROUSSE • 228 mots Après avoir passé son enfance dans un village du Cheshire, Elizabeth Stevenson épouse un ministre du culte unitarien et s'installe à Manchester. Son premier roman, Mary Barton , dit la misère de la grande ville vers le milieu du siècle. Sa publication en 1848, année de révolution, lui vaut un succès immédiat et les éloges de Dickens et de Carlyle. Dickens l'invite à collaborer à son magazine, Hou […] […] Lire la suite GISSING GEORGE ROBERT 1857-1903 Écrit par Pierre COUSTILLAS • 657 mots Romancier anglais, que la critique américaine et française surtout est en train de tirer du demi-oubli où s'enlisait une œuvre peu attrayante au premier regard, mais très importante comme document humain et social et digne d'une étude attentive par la sincérité et l'acuité des analyses psychologiques. Le réalisme qui constitue la trame des intrigues nous apparaît d'autant plus authentique que Giss […] […] Lire la suite GOTHIQUE LITTÉRATURE & CINÉMA Écrit par Gilles MENEGALDO • 6 313 mots • 5 médias Dans le chapitre Une plongée dans l’inconscient le gothique victorien et fin de siècle » […] L'Angleterre victorienne n'a pas renié, malgré l'orientation réaliste de sa littérature, la tradition gothique. Il y a dans Wuthering Heights 1847 d’Emily Brontë des doigts glacés qui cognent aux vitres, une lande sinistre et un héros noir byronien Heathcliff ; dans Jane Eyre 1847, de sa sœur Charlotte, un aristocrate ombrageux et une démente enfermée dans le grenier d’un château ; et, da […] […] Lire la suite HARDY THOMAS 1840-1928 Écrit par Jean-Jacques LECERCLE • 1 469 mots L'athée du village contemplant avec morosité l'idiot du village » cette description de Thomas Hardy par Gilbert Keith Chesterton est injuste, mais elle attire l'attention sur trois aspects essentiels de l'œuvre. Hardy nous a en effet donné des romans populaires, profondément ancrés dans les paysages et la société paysanne du sud-ouest de l'Angleterre, mais aussi des romans cosmiques, où les av […] […] Lire la suite HOMMES ET FEMMES, Robert Browning Fiche de lecture Écrit par Yann THOLONIAT • 914 mots Recueil majeur de la poésie anglaise du xix e siècle, Hommes et femmes marque l'apogée de la carrière de Robert Browning. Ce recueil paraît en 1855, alors qu'il vit depuis neuf ans en Italie, à Florence, avec sa femme la poétesse Elizabeth Barrett. Après les Poèmes dramatiques 1842 et les Poèmes et romances dramatiques 1845, où Robert Browning commence à explorer les nombreuses possibilité […] […] Lire la suite HOPKINS GERARD MANLEY 1844-1889 Écrit par Jean-Georges RITZ • 1 125 mots C'est un étrange destin qu'a connu Gerard Hopkins. Nulle vie en apparence plus banale, plus mêlée au commun. L'homme ne fut apprécié que de rares amis et son œuvre poétique resta pratiquement ignorée de son vivant. Elle le demeura près de trente ans encore après sa mort, jusqu'à ce que son ami, le poète-lauréat Robert Bridges, dépositaire de ses poèmes, se décidât à les publier à la fin de la Pre […] […] Lire la suite JANE EYRE, Charlotte Brontë Fiche de lecture Écrit par Claire BAZIN • 889 mots • 1 média Charlotte Brontë 1816-1855 est la troisième fille de Patrick Brontë, pasteur de Haworth, et de Maria Branwell, qui disparaît très tôt, laissant les six enfants à la charge de leur père et de Miss Branwell, leur tante aux stricts principes méthodistes. Très jeune, Charlotte Brontë s'adonne à l'écriture et, de concert avec son frère Patrick, invente le royaume d'Angria où se trouvent en germe les […] […] Lire la suite KIPLING RUDYARD 1865-1936 Écrit par Robert ESCARPIT • 1 123 mots • 1 média Rudyard Kipling est de nature un écrivain jeune, et cela pour plusieurs raisons. 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[…] […] Lire la suite LEAR EDWARD 1812-1888 Écrit par Louis BONNEROT • 346 mots • 1 média Dessinateur et peintre, Edward Lear, spécialiste d'ornithologie, auteur de livres de voyages, demeure essentiellement célèbre pour sa poésie de nonsense poèmes comiques écrits pour les enfants d'une famille amie comme le furent les Alice de Lewis Carroll, mais où les adultes d'un monde postfreudien découvrent des abîmes de révélation de soi et une contestation radicale de notre monde par un […] […] Lire la suite LE LIVRE DE LA JUNGLE, Rudyard Kipling Fiche de lecture Écrit par Jean-François PÉPIN • 726 mots • 1 média Rudyard Kipling 1865-1936 publie en 1894 Le Livre de la jungle The Jungle Book , et l'année suivante, en 1895, Le Second Livre de la jungle The Second Jungle Book , considérés comme le chef-d'œuvre de l'auteur qui exalte la supériorité de l'homme sur la nature. […] […] Lire la suite LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY, Oscar Wilde Fiche de lecture Écrit par Marie-Gabrielle SLAMA • 732 mots • 1 média Le Portrait de Dorian Gray est l'unique roman du sulfureux écrivain d'origine irlandaise Oscar Wilde 1854-1900 , par ailleurs dramaturge et auteur de contes. En l'écrivant, Wilde relevait le défi de l'éditeur américain J. M. Stoddart, à la recherche de textes pour sa revue, le Lippincott's Monthly Magazine Le Portrait de Dorian Gray y parut en juillet 1890, avant d'être considérablement au […] […] Lire la suite LES GRANDES ESPÉRANCES, Charles Dickens Fiche de lecture Écrit par Jean-François PÉPIN • 929 mots • 1 média Les Grandes Espérances Great Expectations sont l'œuvre de la maturité d'un écrivain déjà extrêmement célèbre, Charles Dickens 1812-1870, véritable héraut de l'Angleterre victorienne. Le roman paraît d'abord par épisodes dans le journal All the Year Round , en 1860 et 1861, avant d'être publié en volume dès 1861. […] […] Lire la suite LES HAUTS DE HURLEVENT, Emily Brontë Fiche de lecture Écrit par Claire BAZIN • 1 012 mots • 1 média Emily Brontë, née en 1818, est la fille du révérend Patrick Brontë. Comme ses sœurs, elle manifeste très tôt un goût prononcé pour l'écriture , s'associant avec la plus jeune, Anne, pour créer le royaume imaginaire de Gondal. Plus qu'aucune autre de ses sœurs, Emily est passionnément attachée à la demeure familiale de Haworth et à la lande qui l'entoure c'est là que, comme les héros de son uniqu […] […] Lire la suite L'ÉTRANGE CAS DU DOCTEUR JEKYLL ET DE M. HYDE, Robert Louis Stevenson Fiche de lecture Écrit par Marc PORÉE • 902 mots • 1 média Souvent considéré comme le chef-d'œuvre de Robert Louis Stevenson 1850-1894 , L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde 1886 naît à la faveur d'un cauchemar inspiré par les Brownies », ces mauvais génies de l'écrivain, alors qu'il séjourne, pour raisons de santé, dans le Midi de la France. Immédiatement salué par ses contemporains, le récit met dans la balance une tentation et une angoi […] […] Lire la suite L'ÎLE AU TRÉSOR, Robert Louis Stevenson Fiche de lecture Écrit par Marc PORÉE • 891 mots • 1 média L'Île au trésor 1883 n'est certes pas le premier livre de Robert Louis Stevenson 1850-1894. Il avait déjà signé de nombreux articles, essais, récits de voyages, ainsi que des poèmes et des nouvelles. L'Île au trésor est en revanche son premier roman, et constitue à ce titre un tournant dans sa carrière d'écrivain. Pour la première fois, Stevenson mène une histoire jusqu'à son terme, sans re […] […] Lire la suite MACAULAY THOMAS BABINGTON baron 1800-1859 Écrit par Roland MARX • 318 mots Historien et homme d'État britannique. Fils d'un négociant, lui-même homme de loi de formation, Macaulay a connu une brillante carrière politique dans les rangs des whigs. Membre du Conseil des Indes de 1834 à 1838, plusieurs fois ministre, en particulier de la Guerre de 1839 à 1841, il demeura activement mêlé à la vie parlementaire jusqu'en 1855 et sera élevé à la pairie en 1857. Il a été le défe […] […] Lire la suite MEREDITH GEORGE 1828-1909 Écrit par Diane de MARGERIE • 1 162 mots Encouragé dans sa vocation littéraire par Dickens, influencé par Thomas Love Peacock, plus tard l'ami de Rossetti et de Swinburne, Meredith apparaît étonnamment en avance sur son temps. Il s'attaque à l'idéal même qu'avait alors la nation britannique celui du gentleman », dont il démasque l'envers et l'hypocrisie. Son analyse psychologique extrêmement fouillée laisse pourtant subsister au sein […] […] Lire la suite MIDDLEMARCH, George Eliot Fiche de lecture Écrit par Claire BAZIN • 970 mots George Eliot, pseudonyme de Mary Ann Evans 1819-1880, passe son enfance dans une ferme du Warwickshire où son père travaille comme régisseur. Elle reçoit une éducation religieuse et conformiste. Fervente lectrice de Bunyan, Defoe et Scott, elle apprend aussi l'allemand et l'italien. Elle quitte l'école à dix-sept ans pour se consacrer à ses devoirs familiaux, accrus à la mort de sa mère. La fami […] […] Lire la suite MORRIS WILLIAM 1834-1896 Écrit par Philip Prichard HENDERSON • 1 982 mots • 2 médias Dans le chapitre De l'art pour tous à l'engagement politique » […] William Morris obtient la renommée et le succès en tant que poète avec le récit romantique The Life and Death of Jason 1867, bientôt suivi par The Earthly Paradise 1868-1870 ; Paradis terrestre . Dans cette suite de poèmes narratifs d'inspiration classique et médiévale, Morris révèle son malheur personnel, notamment dans les poèmes d'introduction aux mois. Il recourt à un ton plus sévère dan […] […] Lire la suite NEWMAN JOHN HENRY 1801-1890 Écrit par Bernard DUPUY • 3 751 mots Les plus grands théologiens du catholicisme sont parfois des hommes qui ont été formés hors de son sein. C'est le cas de saint Augustin, c'est celui aussi de Newman. Sa pensée est l'héritière en droite ligne de celles des grands anglicans, Hooker, Butler, Coleridge, qu'il a acclimatées dans le catholicisme. Ceux-ci ont eu le sens de l'histoire et s'étaient interrogés sur l' historicité du christia […] […] Lire la suite OSCAR WILDE, L'IMPERTINENT ABSOLU exposition Écrit par Françoise COBLENCE • 1 078 mots • 1 média Oscar Wilde aurait affirmé à André Gide J’ai mis tout mon génie dans ma vie ; je n’ai mis que mon talent dans mon œuvre. » Fidèle à cette déclaration, l’exposition du Petit Palais 28 septembre 2016-15 janvier 2017 présente Oscar Wilde en impertinent absolu » et mêle étroitement la vie et l’œuvre, leurs échanges, leur éclat et leur influence mutuelle. À travers tableaux, photographies, let […] […] Lire la suite PATER WALTER 1839-1894 Écrit par Louis BONNEROT • 671 mots Critique et essayiste anglais. Sa famille, d'origine hollandaise, donnait aux garçons une éducation catholique, et une éducation protestante aux filles. Walter Pater resta partagé entre des tendances diverses un attachement sentimental pour le mouvement d'Oxford, pour le rituel et pour la liturgie ; une curiosité intellectuelle s'ouvrant sur l'hégélianisme et le relativisme ; une quête quasi mys […] […] Lire la suite PATMORE COVENTRY 1823-1896 Écrit par Pierre DANCHIN • 400 mots Fils d'un écrivain de quelque célébrité, Patmore bénéficie d'une éducation aristocratique ; devenu l'ami de Tennyson et de Ruskin, il collabore, dès 1850, à l'organe des préraphaélistes, The Germ . Soudainement ruiné par les spéculations de son père, il devient bibliothécaire au British Museum, puis atteint une grande célébrité par la publication d'une série de recueils poétiques sous le titre gén […] […] Lire la suite POÈMES, Gerard Manley Hopkins Fiche de lecture Écrit par Claude-Henry du BORD • 994 mots Bien que son œuvre au demeurant fort mince n'ait été connue que trente ans après sa mort, Hopkins est une figure majeure de la poésie anglaise du xix e siècle. Né en 1844 dans une famille anglicane et bourgeoise, le futur poète poursuit de brillantes études à Oxford. Animé par une foi ardente, il abjure le protestantisme, le 21 octobre 1866. Au printemps de 1868, Hopkins décide d'entrer dans la C […] […] Lire la suite READE CHARLES 1814-1884 Écrit par Louis BONNEROT • 246 mots Romancier et dramaturge, Charles Reade fait à Oxford des études, qui lui valent le titre de fellow et des études de droit qui seront profitables à sa carrière, à sa passion de réformateur et de propagandiste. Avec lui s'amorce une évolution, timide encore mais consciente, du roman vers le réalisme tel qu'il est pratiqué sur le Continent. C'est ainsi que Drink 1879 est une adaptation de L'Asso […] […] Lire la suite REID THOMAS MAYNE, dit CAPITAINE MAYNE REID 1818-1883 Écrit par Marc BLOCH • 556 mots Auteur de nombreux romans d'aventures, Thomas Mayne Reid est un écrivain extrêmement prolixe, dans la lignée de Fenimore Cooper plutôt que dans celle, plus engagée, de Jack London. Des générations d'enfants et de jeunes ont été enthousiasmés par ses récits. Aucun de ces lecteurs n'aurait pu rêver pour leur auteur une vie plus aventureuse que celle qu'il mena réellement. Il naquit dans le Herefords […] […] Lire la suite ROSSETTI CHRISTINA 1830-1894 Écrit par John BRYSON, Universalis • 742 mots Christina Rossetti fut l'une des plus importantes poétesses de l'époque victorienne, tant par l'étendue que par la qualité de son œuvre. Elle excella particulièrement dans les ouvrages de fantaisie, les poèmes pour enfants et la poésie d'inspiration religieuse. Plus jeune enfant de Gabriele Rossetti et sœur du poète et peintre Dante Gabriel Rossetti, Christina Georgina Rossetti naît le 5 décembre […] […] Lire la suite RUSKIN JOHN 1819-1900 Écrit par Pierre GEORGEL, Claude JACQUET • 2 538 mots • 1 média Écrivain, critique d'art et réformateur social, Ruskin eut une influence considérable sur le goût de l'Angleterre victorienne et s'opposa aux doctrines économiques de l'école de Manchester. Dans ses ouvrages sur l'économie, la violence et l'amertume sont souvent comparables à celles de Swift. Ses réflexions sur l'art furent accueillies avec enthousiasme et respect ; sa critique sociale souleva, e […] […] Lire la suite RUTHERFORD WILLIAM HALE WHITE dit MARK 1831-1913 Écrit par Ann Daphné GRIEVE • 323 mots Comme Conan Doyle avec Sherlock Holmes, William Hale White est l'un de ces auteurs que le public a confondu avec son personnage. En 1881, White publiait The Autobiography of Mark Rutherford, suivi de Mark Rutherford's Deliverance , 1885, et de The Revolution in Tanner's Lane , 1887, où figurait encore le personnage de Mark Rutherford. C'est sous ce nom que William H. White est resté finalement con […] […] Lire la suite STEVENSON ROBERT LOUIS 1850-1894 Écrit par Jean-Georges RITZ • 1 464 mots • 1 média Celui que les Polynésiens surnommèrent Tusitala » le conteur d'histoires » méritait et mérite toujours cet hommage populaire, même si l'écrivain écossais , essayiste, poète et romancier est peu connu de nos jours et laisse à L'Île au trésor et à D r Jekyll et M. Hyde le soin de perpétuer sa gloire et son nom. On oublie ses autres écrits, pourtant importants et divers. On oublie l'homme aus […] […] Lire la suite SWINBURNE ALGERNON CHARLES 1837-1909 Écrit par Jean-Georges RITZ • 1 292 mots On a souvent et à juste titre comparé Swinburne à Shelley. Ces deux grands poètes lyriques anglais, dont les œuvres, comme deux portes monumentales, se dressent à l'entrée et à la sortie du xix e siècle, ont de nombreux points communs même origine aristocratique, même constitution fragile, même passage à Eton, difficile et mortifiant, puis à Oxford où l'un et l'autre se jettent dans l'athéisme […] […] Lire la suite SYMONDS JOHN ADDINGTON 1840-1893 Écrit par Louis BONNEROT • 260 mots Fils d'un médecin de Bristol, après des études solides à Harrow et à Oxford où il subit l'influence du grand maître classique, B. Jowett, lauréat du Newdigate Poetry Prize et titulaire d'une bourse à Magdalen, le poète et critique anglais John Addington Symonds fut obligé de soigner sa tuberculose par des cures en Suisse, en Italie et en Grèce. C'est l'origine de ses premiers articles, réunis so […] […] Lire la suite TENNYSON ALFRED 1809-1892 Écrit par Jean-Georges RITZ • 1 476 mots Alfred Tennyson est sans conteste la figure majeure de la poésie victorienne. Browning, plus complexe, plus difficile, reste son brillant second. De 1850 à 1892, lord Tennyson fut le porte-parole officiel de la nation britannique ; la reine Victoria et tous les personnages importants savants, philosophes, romanciers, hommes politiques et poètes, voulurent s'honorer de son amitié. On l'admira ; o […] […] Lire la suite TESS D'URBERVILLE, Thomas Hardy Fiche de lecture Écrit par Jean-François PÉPIN • 840 mots Tess d'Urberville Tess of the d'Urberville paraît d'abord en feuilleton dans le Graphic , puis en un volume en 1891. Ce roman de l'écrivain anglais Thomas Hardy 1840-1928 relate le destin impitoyable d'une jeune fille abusée, conduite au crime par le désespoir, puis condamnée à être exécutée. […] […] Lire la suite THACKERAY WILLIAM MAKEPEACE 1811-1863 Écrit par Raymond LAS VERGNAS • 1 147 mots • 2 médias Après avoir connu des débuts littéraires difficiles, Thackeray a réussi à conquérir de son vivant, entre 1848 et 1863, la plus flatteuse des célébrités et à partager après sa mort la gloire de Dickens et de George Eliot. Il avait brillé dans plus d'un genre, s'affirmant à la fois dans la critique des lettres et des arts, l'histoire, la satire sociale, la poésie burlesque, la caricature et bien ent […] […] Lire la suite THOMPSON FRANCIS 1859-1907 Écrit par Pierre DANCHIN • 553 mots Fils d'un médecin de Preston Lancashire converti, comme sa femme, au catholicisme, Thompson, destiné d'abord au sacerdoce, est envoyé, à dix ans, au séminaire d'Ushaw, près de Durham. Après de bonnes études classiques, il en sort sept ans plus tard le supérieur n'imagine pas un futur prêtre en cet enfant rêveur. Des études médicales à Manchester, entreprises à contrecœur, mènent le jeune homme […] […] Lire la suite THOMSON JAMES 1834-1882 Écrit par Louis BONNEROT • 234 mots Poète et essayiste écossais, tôt privé de sa mère et forcément négligé par un père paralysé, James Thomson fut pensionnaire d'une école réservée aux enfants pauvres et aux fils de marins ; puis il devint lui-même instructeur au Royal Military Asylum, mais en fut exclu pour une peccadille. Il exerça les mêmes fonctions à Dublin, à Aldershot, à Jersey et à Portsmouth. C'est alors qu'il subit l'influ […] […] Lire la suite TROLLOPE ANTHONY 1815-1882 Écrit par Universalis • 827 mots Romancier anglais né le 24 avril 1815 à Londres. Longtemps après sa mort, ses succès d'écrivain ont fait écran à la véritable nature de ses mérites littéraires. Plusieurs de ses livres se déroulent dans le comté imaginaire de Barsetshire et demeurent ses œuvres les plus populaires, mais il écrivit également d'excellentes fictions sur la vie politique, ainsi que des textes qui témoignent d'un talen […] […] Lire la suite VICTORIENNE ÉPOQUE Écrit par Louis BONNEROT, Roland MARX • 10 883 mots • 11 médias Dans le chapitre Pensée » […] La littérature victorienne, conditionnée par le climat de l'époque, reçoit son empreinte profonde des forces intellectuelles nouvelles. La prose domine, propice à l'exposé des problèmes religieux et des controverses que pose la pensée scientifique face à l'idéalisme. Mill 1806-1873 représente, en l'assouplissant, l'utilitarisme ; Darwin 1809-1882 l'évolutionnisme dont l'influence est la plus f […] […] Lire la suite WELLS HERBERT GEORGE 1866-1946 Écrit par Jean-Pierre VERNIER • 1 507 mots Dans le chapitre L'évolution de Wells » […] Né à Bromley Kent, issu d'un milieu très modeste, Herbert George Wells connut rapidement la célébrité grâce à ses romans et à ses nouvelles de science-fiction. Influencé par T. H. Huxley, disciple de Darwin, il transposa au niveau de l'imaginaire les perspectives nouvelles ouvertes par la théorie de l'évolution naturelle. L'ampleur de ses visions et ses qualités d'imagination lui assurèrent un s […] […] Lire la suite WILDE OSCAR 1854-1900 Écrit par Diane de MARGERIE • 1 771 mots • 2 médias La célébrité d'Oscar Wilde tient à son destin. Prodigieusement doué, d'un esprit étincelant qui subjugua la société londonienne, fin lettré, nourri de Swinburne, de Ruskin, de Walter Pater, il a surtout été considéré comme un esthète décadent et révolté son procès pour mœurs acheva de faire de lui une figure publique entourée d'éclat, de honte et de scandale . Lui-même savait combien la vie emp […] […] Lire la suite
Présentation L'archive ouverte HAL-SHS (Sciences de l’Homme et de la Société), est destinée au dépôt et à la diffusion d'articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d'enseignement et de recherche français ou étrangers, dans toutes les disciplines des sciences humaines et de la société.
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écrivain critiquant la société et les hommes